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la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea)

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La tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea)

Description: La tortue olivâtre est une petite tortue dont la carapace mesure en moyenne de 65 cm (LD), mais peut varier entre 50 cm et 75 cm. Le poids des adultes est généralement d’une quarantaine de kilogrammes et ne dépasse qu’exceptionnellement les 50 kg.

La carapace de la tortue olivâtre est de couleur olivâtre à ocre brun, généralement bordée de parties plus jaunes. Au sein de cette espèce, l’écaillure de la dossière est très variable selon les individus. Le nombre de plaques costales peut varier entre 7 et 9, et il est fréquent que le nombre de costales soit différent de part et d’autre de la colonne vertébrale pour un même individu. Le cou et les joues de la tortue olivâtre sont souvent de couleur jaunâtre contrastant avec le dessus de la tête plus sombre. Les nageoires avant sont pourvues de deux griffes.

Aucune donnée fiable de ponte de tortues olivâtres n’a été recensée au nord ou à l’ouest de Trinidad. (Fretey, 1999). Même sur cette île, les pontes sont décrites comme occasionnelles et il est nécessaire de descendre jusqu’au Guyana au Surinam ou en Guyane pour trouver les premiers sites de pontes réguliers bien que faibles (quelques centaines de pontes par saison) pour cette espèce. Les tortues olivâtres ne nidifient donc pas aux Antilles, ou de manière tellement exceptionnelle qu’il n’apparaît pas utile de les prendre en compte dans l’élaboration d’un plan de restauration.

Les observations fiables de tortues olivâtres sont très rares aux Antilles (voir figure 10). Les seules observations certaines sont celles réalisées à Vieques, Puerto Rico (Caldwell & Erdman, 1969) et celles réalisées en 1998 sur l’archipel guadeloupéen (3 individus) (Fretey & Lescure, 1999 ; Cuvillier, comm.pers., 1999) et 2001 (1 individu) (Cuvillier, pers. comm.., 2001) A cela s’ajoutent des données moins fiables ou des témoignages de pêcheurs sur d’autres îles des Petites Antilles (Barbuda, Martinique, îles Vierges US…) (Fretey, 1999).

Les tortues olivâtres s’alimentent donc aux Antilles, mais en nombre très réduit. La rareté des observations provient certainement essentiellement de cette faible fréquentation mais peut-être aussi en partie du comportement des olivâtres que l’on trouve généralement plus au large que les tortues vertes ou imbriquées. En Guadeloupe et en Martinique par exemple, aucune donnée fiable n’était documentée avant 1998, alors que de nombreux auteurs rapportaient, suite à des enquêtes auprès des pêcheurs, la présence d’une espèce de Lepidochelys.

La petite taille des effectifs de l’ouest atlantique explique sans doute la faible fréquentation actuelle des eaux antillaises par les tortues olivâtres. Les principaux sites de ponte actuels sont localisés sur le plateau des Guyanes (Guyana, Surinam, Guyane) et au Brésil. Ces populations ne comptent plus aujourd’hui que quelques centaines de femelles adultes, contre plusieurs milliers au milieu du siècle (Reichart & Fretey, 1993). Une étude réalisée par marquage sur les olivâtres du Surinam a montré que la zone d’alimentation de cette population était principalement localisée le long des côtes du Venezuela, de Trinidad, du Guyana, du Surinam et de Guyane (Reichard & Fretey, 1993).

La rareté des tortues olivâtres aux Antilles ne semble pas liée à une menace dans cette zone, mais plutôt à la biologie de l’espèce et au récent déclin subit sur la façade ouest de l’Atlantique (dont l’origine est certainement localisée dans les eaux entre la Guyane et le Venezuela). La récolte de 4 données récentes en Guadeloupe, nous invite tout même à être plus vigilants sur la présence de cette espèce aux Antilles, d’autant plus que la population ouest atlantique est actuellement fortement menacée.

Répartition et domaine vital: Dans l’Atlantique, la tortue olivâtre est plutôt méridionale. Elle se trouve depuis la latitude 34°S et remonte jusqu’aux alentours de 21°N (Fretey, 1999). Son aire de répartition semble ne pas chevaucher celle de la tortue de Kemp, espèce très proche et présente plus au nord de la Caraïbe.

Très peu de données sont disponibles sur le domaine vital des olivâtres. Les rares études réalisées, comme celle au Surinam, tendent à montrer que cette espèce peut rester sur des zones proches du site de ponte comme migrer à plus d’un millier de kilomètres (Reichart & Fretey, 1993).

Habitat: Stade nouveau-né et juvénile pélagique
Les observations de tortues olivâtres juvéniles étant extrêmement rares (Pritchard & Trebbau, 1984), leur habitat reste quasiment inconnu. La rareté des contacts et le parallèle avec les autres espèces de tortues marines font penser que les olivâtres passent aussi par une phase pélagique. Les observations de certains individus en association avec des Sargassum supportent cette hypothèse (Balazs, 1980).

Stade juvénile benthique, sub-adulte et adulte
Les tortues olivâtres adultes semblent utiliser une grande variété d’habitats. En effet, en dehors de la saison de reproduction, les adultes se retrouvent à la fois sur des zones benthiques et sur des zones pélagiques (Pitman, 1993 ; Plotkin et al., 1994). Parmi les habitats benthiques, les tortues olivâtres semblent marquer une prédilection pour les fonds meubles (sable, vase…). Par contre, elles peuvent être trouvées aussi bien dans les zones relativement peu profondes comme les grands estuaires (Marquez et al., 1976 ; Pritchard & Trebbau, 1984), que sur des fonds de 100 m (Hughes, 1974).

Alimentation: L'alimentation des tortues olivâtres de l’Atlantique est très peu connue. La seule donnée bibliographique disponible est celle d’une femelle gestante capturée au Surinam par 20-24 m de fond au cours d’une saison de ponte. Dans son tube digestif se trouvaient : deux petits poissons chats, dix coquilles de gastéropodes, trois petites carapaces de crabes et approximativement deux litres d’une substance déterminée comme provenant de méduses en cours de digestion. (Caldwell et al., 1969).

Sur la côte pacifique de l’Amérique ou en Inde, les tortues olivâtres semblent omnivores. Leurs proies principales sont : les crabes, les méduses, les algues, les salpes (principalement du genre Metcalfina) les poissons, les œufs de poissons, les tuniciers pélagiques ainsi que divers autres crustacés et mollusques (Bjorndal, 1997).

Reproduction: Dans l’Atlantique nord, la tortue olivâtre pond principalement entre juin et septembre. Le nombre moyen de nids par saison de ponte est de 2,21 ; chaque nid comprenant 109,9 œufs en moyenne (Miller, 1997). L’intervalle entre deux saisons de pontes est plus court que pour les autres espèces : 1,7 années en moyenne (Miller, 1997).

Lorsque les effectifs des populations sont importants, cette espèce peut pondre en arribadas, grands rassemblements pour des pontes synchrones : lors des arribadas, toutes les femelles viennent pondre les mêmes jours (généralement 2 ou 3), occasionnant ainsi des rassemblements spectaculaires. Les jours suivant l’arribada, quasiment aucune tortue ne vient pondre puis, quelques semaines après, toutes reviennent une nouvelle fois ensemble pour une seconde arribada. Dans l’ouest atlantique ces arribadas étaient fréquentes au Surinam avant que la population ne subisse un sévère déclin


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