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L’explosion des reptiles

par on

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L’ère Primaire s’achève par une période d’extinction de masse. Sans entrer dans les détails, (voir l’article à ce sujet) on peut préciser que ce genre d’événement est caractérisé par la disparition simultanée de plus de 75 % des espèces vivantes, faisant la place nette pour la phase suivante de l’évolution…

L’ère Secondaire commence voici 225 millions d’années. Si le renouveau évolutif touche tous les groupes ou presque, les reptiles sont incontestablement les plus novateurs. En quelques millions d’années seulement, on voit apparaître simultanément les mammifères, les crocodiles, les tortues, les reptiles volants, les dinosaures et les ichtyosaures !

Cette explosion évolutive continuera pendant toute l’ère Secondaire. Les dinosaures vont connaître le succès que tout le monde connaît : les espèces les plus spectaculaires sont très bien représentées dans les films à succès (comme le Jurassic Park de Steven Spielberg). L’origine des oiseaux Les reptiles vont conquérir toutes les niches écologiques occupées aujourd’hui par les mammifères (qui, d’ailleurs, apparaissent à partir de reptiles à la fin du Trias). Les airs, tout d’abord, avec les ptérosauriens et les oiseaux, issus des dinosaures ; les terres, avec de nombreuses lignées, dont certaines (tortues, lézards, crocodiles, serpents) existent encore.Les reptiles marins 

Plus étonnant encore, des formes marines extrêmement spécialisées apparaissent dans toutes les lignées : tortues, lézards (c’est le groupe des Mosasaures, disparu), crocodiles (les Thalatosucchiens, disparus), Ichtyosaures (aux allures de dauphins) et Plésiosauriens !

Les dinosaures 

Les dinosaures vont eux aussi connaître une expansion considérable. Apparus à partir de petits reptiles bipèdes du groupe des Thécodontes, leur taille varie entre 80 cm pour Compsognathus et une quarantaine de mètres pour Seismosaurus ; leur poids, lui, oscille entre quelques kilos et 130 tonnes (Ultrasauros). Des formes carnivores apparaissent : des prédateurs géants comme le Tyrannosaurus, mais aussi de petits chasseurs, apparemment organisés socialement comme le célèbre Velociraptor. Il existe même des espèces spécialisées dans la pêche et la consommation de poissons (Baryonyx) ! Chez les herbivores, une panoplie de défenses se multiplient : comme dans le cas de l’explosion cambrienne, on peut penser que la pression de prédation n’est pas étrangère à la diversification de la lignée des dinosaures au Secondaire. Cornes, armures, cuirasses, griffes, corps taillés pour la fuite… Sans oublier d’autres appendices, plus énigmatiques : crêtes, becs, excroissances céphaliques ; celles-ci avaient probablement une fonction sociale. La crête de Parasaurolophus, dotée d’une chambre de résonance, pouvait émettre des sons nettement audibles ! Ceux-ci étaient, peut-être, utilisés lors des parades nuptiales.

L’origine des mammifères Les mammifères, quant à eux, restent discret jusqu’à la fin du Jurassique (-95 millions d’années) ; apparus à partir d’un groupe de reptiles très original, les « reptiles mammaliens », ils sont essentiellement représentés par de petites créatures, comme Morganucodon aux allures de musaraigne.On connaît exceptionnellement bien la série de fossiles transitoires qui a conduit à l’apparition des mammifères : aucune étape de la transformation ne manque dans le registre fossile. 

Dès le Crétacé (la dernière période de l’ère Secondaire, qui s’étend de –95 à –65 millions d’années) ils commencent à se diversifier : le premier représentant du groupe des primates – celui de l’homme ! – apparaît à la fin du Crétacé : c’est Purgatorius.

Le passage de l’ère primaire à l’ère secondaire aura marqué une rupture pour de nombreux groupes d’animaux. Certains, autrefois très représentés, comme les trilobites, disparaissent totalement. De nouvelles formes apparaissent, comme les ammonites, disparues, qui évoquent des pieuvres engoncées dans des coquilles aux formes étranges (dont la taille varie entre ½ millimètre et deux mètres !) Au Crétacé, l’apparition des plantes à fleurs et leur coévolution avec les insectes font profondément modifier les écosystèmes. La fin d’une ère Il y a 65 millions d’années, la restructuration de l’ensemble des écosystèmes marque le passage à l’ère Tertiaire. Les dinosaures, les ammonites, la plupart des reptiles marins disparaissent ; d’autres groupes, comme les mammifères ou les oiseaux, subissent des pertes importantes (disparition de près de 85 % des espèces) mais survivent miraculeusement. Il en est de même pour la microfaune, moins spectaculaire mais paléontologiquement beaucoup plus significative : le plancton (ensemble des organismes marins microscopiques) disparaît dans des proportions extraordinaires !

Si l’on s’interroge encore sur la cause de cette hécatombe, une chose est sûre : la limite Crétacé-Tertiaire est l’un de ces événements majeurs de l’histoire de l’évolution caractérisés par une restructuration profonde de l’écosystème mondial. La « disparition des dinosaures », surmédiatisée, n’est pas qu’une anecdote scientifiquement non-significative : il s’agit bel et bien d’une de ces péripéties incontournables de l’histoire de la vie, qui commence comme un champ de massacre et qui se termine par un renouveau extraordinaire.

source:voila.fr


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